Bologne, 24 mai 2007

La guerre froide en Asie de l’Estit

Conférence de Philip S. Golub

Dans la deuxième conférence, j’ai essayé d’identifier les sources profondes du déclin et de la renaissance de l’Asie dans une perspective historique longue, de la période qui précède la révolution industrielle européenne jusqu’à l’époque de l’impérialisme. Aujourd’hui je chercherai à situer la réémergence de l’Asie dans une perspective temporelle plus courte, focalisée sur la guerre froide post 1945 et le rôle de l’Asie dans le système international américain.

27 août 2007, par Philip S. Golub
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L’impérialisme a été le phénomène dominant de l’expérience asiatique pendant tout le XIXe siècle et la première moitié du XXe siècle. A l’exception du Japon et du Siam, tous les pays d’Asie - Asie du Sud et Asie de l’Est - ont été colonisés par les puissances impériales occidentales ou la puissance impériale japonaise. Ce mouvement d’expansion coércitive ne s’arrête qu’en 1945, avec la chute ou le déclin des métropoles impériales européennes et la destruction militaire de l’empire japonais, dans les décombres de la deuxième guerre mondiale.

Le phénomène de désimpérialisation, ou décolonisation, peut être analysé et interprété par trois approches dominantes :

  • Premièrement, l’approche nationaliste, qui prend appui sur des facteurs endogènes aux sociétés colonisées pour expliquer la décolonisation, c’est-à-dire l’émergence ou la consolidation de mouvements nationalistes, élitaires et populaires, de resistance à l’impérialisme : dans cette perspective, le colonisé n’est pas un objet passif, mais un sujet historique actif et agissant.
  • Deuxièmement, l’approche métropolitaine, qui met l’accent sur des facteurs endogènes aux puissances coloniales, tels que le changement de mentalité au sein des élites ou les évolutions de l’économie nationale : dans cette perspective, le colonisé est marginalisé et privé de son rôle de sujet actif.
  • Troisièmement, l’approche de politique internationale, qui met en avant des facteurs exogènes internationaux, c’est-à-dire les transformations du système monde.

Ces trois niveaux d’explication sont souvent considérés incompatibles et contradictoires. Cependant, puisque le domaine international et le domaine domestique se constituent mutuellement, j’estime que les pressions internationales font intersection en tout point et en tout moment avec les processus politiques et économiques, soit de la métropole soit de la périphérie. Je vais donc focaliser mes remarques sur l’interaction entre les différents facteurs, mettant en lumière surtout les facteurs systémiques internationaux. Au cours de cette conférence, j’essayerai d’indentifier les variables exogènes qui expliquent la réémergence asiatique après la deuxième guerre mondiale (surtout l’apparition des Etats-Unis come puissance dominante en Asie), alors que les variables endogènes seront traitées lors de la quatrième conférence.

La deuxième guerre mondiale et le nouvel ordre du monde

L’Etat moderne est en fait un “Janus à deux visages”, l’un qui regarde vers l’exterieur (se tournant vers l’arène internationale), et l’autre qui regarde à l’intérieur (se tournant vers la société domestique). J’examinerai d’abord la face externe : de ce point de vue, la fin de la deuxième guerre mondiale a eu trois conséquences fondamentales.

  • La première conséquence de la deuxième guerre mondiale est l’émergence des Etats-Unis comme puissance dominante en Asie et le décentrage du système capitaliste mondial autour du pôle américain. Le processus de recentrage de l’économie mondiale de Londres vers New York avait déjà commencé à la fin du XIXe siècle, dans les années 1880–1890, et s’accomplit en 1945 : à la fin de la guerre, les Etats-Unis deviennent le véritable cœur du monde non seulement sur le plan économique, commercial et financier (50% de la production mondiale, 50% des échanges commerciaux internationaux, créancier du monde, avantages comparatifs majeurs dans le domaine technologique), mais aussi sur le plan politique, se qualifiant comme la source centrale d’autorité politique de tous les pays capitalistes.
  • La deuxième conséquence de la deuxième guerre mondiale est l’affaiblissement des anciens centres métropolitains coloniaux, ou, dans le cas du Japon, sa destruction politique et économique et sa mise sous tutelle américaine (comparable à l’occupation américaine de la partie Ouest de l’Allemagne). La crise des centres métropolitains coloniaux et impériaux trouvait sa source première dans une situation de vulnérabilité et de ruine économique : comme l’écrit John Maynard Keynes, en 1945 la Grande-Bretagne était menacée d’un “Dunkirk financier” et n’a été sauvée que par le prêt américain de 3,5 milliards de dollars, en 1946.
  • La troisième conséquence de la deuxième guerre mondiale est l’affirmation de vastes forces sociales nationalistes, anti-coloniales et révolutionnaires, élitaires ou populaires selon les pays, dans toutes les anciennes zones colonisées du monde - en Asie orientale et méridionale, en Inde, au Moyen-Orient.

Dans le contexte que je viens d’évoquer, l’émergence des Etats-Unis comme puissance hégémonique mondiale a eu un impact décisif en Asie orientale. Dès le début de la deuxième guerre mondiale, dès 1940-1941, les élites économiques et politiques américaines avaient déjà compris que la guerre aurait produit un véritable basculement des équilibres de pouvoir au niveau international, que les Etats-Unis allaient devenir “l’héritier, le légataire universel et l’administrateur des avoirs économiques et politiques de l’Empire britannique”, que “le scettre allait passer de la Grande-Bretagne aux mains des Etats-Unis”.

En 1941, Henry Luce écrit que le siècle qui allait venir allait devenir le siècle américain, que les Etats-Unis en tant que “nation la plus puissante” du monde devaient “exercer le plein impacte de son influence par les moyens qui lui sembleront appropriés” et devenir le partenaire dominant dans une relation future avec l’Empire britannique - une relation dans laquelle la Grande-Bretagne allait devenir, écrit-il, the junior partner [1].

En 1943, le Ministère de la Défense affirme qu’à la fin de la guerre les Etats-Unis auraient “deux nouvelles frontières stratégiques” : la première serait l’Atlantique jusqu’à Berlin (la frontière européenne ou euro-atlantique) et la seconde serait le Pacifique. Au milieu des années 1940, les contours du “siècle américain” se dessinaient déjà : prédominance économique doublée d’une suprématie stratégique, reposant sur un réseaux de bases militaires s’étandant de l’Atlantique au Pacifique et de l’Arctique au Cap.

Cette réalité naissante implique une reconfiguration des stratégies de pouvoir et des rapports de force au niveau global, induisant les Etats-Unis à redefinr leur position par rapport aux anciens Empires coloniaux européens et japonais. Pendant la guerre, le président américain Franklin Roosevelt avait clairement exprimé son intention de démanteler les empires japonais, français et allemand, et de décoloniser l’empire britanniques par un système plus graduel de mandats internationaux, tout en les remplaçant par les Etats-Unis en tant que nouvelle puissance dominante. En 1941 il avait imposé à Churchill la signature de la Charte Atlantique, dont l’article 3 stipulait “le droit de tous les peuples de choisir la forme du gouvernement selon laquelle ils veulent vivre” à la fin de la guerre.

Comme l’écrit John Foster Dulles (en 1955, dix ans après la fin de la deuxième guerre mondiale),

Pendant toute la guerre, Roosevelt croyait que les puissances européennes devraient suivre l’exemple que les Etats-Unis allaient montrer (en décolonisant les Philippines), et préparer les conditions pour l’autonomie (self government) et à terme l’indépendance de toutes leurs possessions coloniales. Il était convaincu qu’il ne devrait pas y avoir de restauration de l’autorité étrangère dans les régions de l’Asie de l’Est libérées du Japon et que là où l’autonomie était impraticable, les Nations Unies devaient agir en tant que puissance mandatrice”.

Cet objectif avait pour corollaire une politique de prise de parole et de négociation avec les dirigeants nationalistes et parfois révolutionnaires d’Asie (Ho Chi Minh, Mao), en leur prométtant le soutien américain dans les luttes anticoloniales pour l’indépendance. Mais ces promesses ne se sont pas concrétisées.

Pendant les premières années de la guerre froide, la décolonisation sous supervision américaine et onusienne a cédé la place à une politique plus ambiguë et contradictoire, consistant à soutenir certains empires coloniaux européens afin de les associer à la lutte – devenue première et globale – contre le communisme (au début contre l’Union Soviétique, puis contre la République populaire de Chine), et en même temps à limiter leur marges de manœvre et leurs espérances de vie. Ainsi, les Etats-Unis ont soutenu l’empire français en Indochine (jusqu’à la chute déglorieuse de l’armée française à Diên Biên Phu, en 1954) dans l’espoir que les Français seraient un repoussoir contre les forces communistes, tout en négociant avec les nationalistes locaux en même temps. Ou encore, les Etats-Unis ont soutenu l’empire hollandais en Indonesie pour empêcher la montée en puissance des forces communistes, mais puis ils ont utilisé la menace de couper les fonds Marshall pour obliger les Pays Bas à quitter la région (guerre d’indépendance indonésienne, 1946-1950). En ce qui concerne l’Empire britannique, comme l’écrit William Roger Louis (2001) [2] - un des plus grands historiens américains de l’impérialisme - l’assistence américaine à la Grande-Bretagne “l’a aidé à revivre avant qu’il ne s’effondre complètement” .

Au lieu de l’achitecture onusienne imaginée par Roosevelt, les planificateurs américains de guerre froide ont mise en place un système radicalement différent, fondé sur l’intégration de l’Asie de l’Est dans un nouvel ordre de sécurité et de prospérité. Il s’agissait donc à la fois d’un ordre d’autorité et d’un ordre de développement, structuré autour d’Etats “nationalistes” et encadré dans un système économique régional.

Dans une perspective comparative, il est intéressant de distinguer entre l’action américaine de guerre froide en Europe et en Asie de l’Est. Dans le deux cas, l’objectif majeur des Etats-Unis était le même, c’est-à-dire l’érection d’une ceinture de sécurité (contenir les forces communistes, l’Union Soviétique et la République populaire de Chine, en arrêtant les crises sociales et les luttes de classe à la base des révolutions) et de structures de prospérité (promouvoir la reconstruction et le développement économique rapide de leurs alliés subordonnés autour des pôles dominants, l’Allemagne et le Japon). Cependant, l’action américaine a été très différente dans les deux zones, en Europe et en Asie de l’Est.

Les Etats-Unis en Europe

En Europe, les Etats-Unis ont construit ce que le théoricien de relations internationales John J. Ruggie (1982), qui a été le conseiller de Kofi Annan à l’ONU, appelle “libéralisme encastré” (embedded liberalism) [3], c’est-à-dire un système qui encourageait l’émergence d’un marché économique libre, de politiques de laissez-faire et de statégies néomercantilistes fondées sur les exportations, tout en assurant la stabilité sociale interne par l’interventionnisme public.

En d’autres termes, afin d’inhiber la montée en puissance des forces révolutionnaires et de se garantir des marchés solvables, les Etats-Unis ont érigé en Europe des Etats nationaux de développement économique dans un cadre de paix sociale. Le système international européen était certes hiérarchique et hautement institutionnalisé, mais il se fondait soit sur la coopéeration profonde entre les élites européennes et les Américains soit sur un large consentement populaire à la leadership des Etats-Unis. Bien qu’ils aient limité la capacité de manœuvre et l’autonomie politique des pays européens, les Etats-Unis ont quand même encouragé la reconstruction et le développement économique de la région, favorisé la naissance des Etats sociaux (Welfare States) et soutenu le processus d’intégration horizontale de l’Europe.

Les Etats-Unis en Asie de l’Est

Par rapport à l’expérience européenne, l’expérience asiatique est différente sur trois points essentiels, même si l’objectif américain était toujours celui de construire des cintures de sécurité et de prospérité.

  • La première différence est que l’ordre institué par les Américains en Asie de l’Est était tout sauf libéral, à la fois sur le plan économique et politique. Dans les pays non communistes d’Asie du Nord-Est (Japon, Corée du Sud, Taiwan), les Etats-Unis ont institué un ordre fondé sur des Etats bureaucratiques ou semi-bureaucratiques autoritaires développeurs, inextricablement liés et subordonnés à l’Etat de sécurité américain (je reviendrai sur ces concepts dans la quatrième conférence). Ou bien, dans les pays d’Asie du Sud-Est (Thaïlande, Indonesie, etc.) les Etats-Unis ont soutenu et ont été soutenus par des régimes autoritaires ou semi-autoritaires, parfois des véritables dictatures militaires. Tous ces Etats asiatiques autoritaires ou dictatoriaux (bureaucratiques ou non bureaucratiques, développeurs ou non développeurs) ont été encastrés dans le nouvel système hégémonique international et leurs appareils politiques, administratifs et militaires ont été intégrés directement dans l’Etat de sécurité américain, dans une position subordonnée. En plus, en Asie les Etats-Unis ne permettent absolument pas l’émergence d’une société civile (et de la démocratie non plus) en tant qu’espace autonome et intérmediaire entre les citoyens et l’Etat. Globalement parlant, les pays d’Asie du Nord et d’Asie du Sud-Est ont été conçus dans l’esprit américain comme des machines économiques de guerre froide, ou bien – comme il est écrit dans un rapport du “Policy Planning Staff” du Département d’Etat américain, en 1949 – comme des “satellites” sans “identité propre”.
  • La deuxième différence est que, contrairement au système atlantique, le système transpacifique était sous-institutionnalisé. En Asie, les Etats-Unis ont créé un système d’autorité vertical, dans lequel les pays capitalistes de la région ne communiquaient entre eux que par le biais des Américains, sans aucune intégration régionale. Les pays capitalistes asiatiques acceptent implicitement de renoncer à leur souveraineté effective et à leur autonomie politique en retour d’un libre accès au marché américain ; de leur côté, les Etats-Unis ont ainsi encouragé ou imposé en Asie des stratégies néomercantilistes de développement et d’industrialisation par les exportations.
  • La troisième différence est que la frontière transpacifique des Etats-Unis était presque constamment en guerre. La guerre froide n’a jamais été “froide” en Asie de l’Est, mais elle a toujours été ponctuée de guerres “chaudes”. Les statistiques du nombre de morts occasionnés dans les pays asiatiques par des guerres interétatiques ou des guerres civiles (dans lesquelles les Etats-Unis ont toujours été directement ou indirectement impliqués) varient selon les sources : la plupart des experts estiment le nombre de morts pendant la guerre de Corée entre 2,5 et 3 millions ; le nombre de morts pendant la guerre du Vietnam entre 2 et 3 millions. Suite au coup d’Etat du général Suharto, la guerre civile indonésienne a occasionné entre 600.000 et 800.000 ou 1 million de morts ; l’invasion de Timor par l’armée de Suharto, en 1975, a occasionné près de 250.000 morts. Et enfin le génocide cambodgien – réalisé par un régime communiste qui avait été soutenu par la Chine et les puissances occidentales alternativement - a décimé des millions de khmers rouges, bien que les khmers rouges fussent représentés à l’Onu, jusqu’au milieu des années 1980, et eussent obtenu leur siège grâce aux Occidentaux. À tout cela il faut bien évidemment ajouter par exemple les morts de la guerre civile chinoise (1945-1949), de même que les morts des nombreuses guerres et guérillas des Philippines, en Thaïlande, etc.

Les remarques que je viens d’exposer ne visent pas à montrer la responsabilité unique et exclusive des Etats-Unis dans les guerres asiatiques, mais en soulignant les différences entre l’expérience européenne et l’expérience asiatique dans les années de la guerre froide, on trace un récit qui diverge fondamentalement de celui d’une économie politique libérale en expansion.

En particulier, on peut affirmer que la guerre a été le facteur exogène déterminant du succès économique des Etats développeurs asiatiques - Japon, Corée du Sud, Taiwan - d’après 1945. Comme l’écrit le Professeur Chalmers Johnson (1982), “la guerre de Corée a été l’équivalent du Plan Marshall pour le Japon” [4]. Effectivement, selon le premier ministre japonais de l’époque, Yoshida Shigeru, la guerre de Corée a été pour le Japon “un don des dieux”, parce qu’elle a permis de relancer très rapidement l’économie japonaise, par la mobilisation de ses capacités et la dynamisation des flux d’investissements américains : à partir de la guerre de Corée, entre 1950 et 1962, les flux américains (dons et prêts) vers l’Asie de l’Est ont été 30% de plus que ceux dirigés vers le Moyen-Orient et l’Asie du Sud, 4 fois les flux vers l’Amérique latine et 25 fois les flux vers l’Afrique sub-saharienne.

Tout comme la guerre de Corée a été un don des dieux pour le Japon, la guerre du Vietnam a été une aubaine pour la Corée du Sud, parce qu’elle a permis à la Corée du Sud de devenir à son tour, apès le Japon, une plateforme régionale d’investissements américains, mais aussi japonais et occidentaux en général, en créant les conditions de possibilité de l’industrialisation et de la croissance rapide des années 1960 et 1970. En 1950, la Corée du Sud avait un PIB par habitant de 146 dollars, soit un niveau de vie équivalent à celui de l’Egypte ou du Nigéria ; en 1962, elle n’était classée que 99° par la Banque Mondiale. Mais douze ans plus tard, à la fin de la guerre du Vietnam, la Corée du Sud aura triplé son PIB par habitant et sera montée de la 99° position à la 61° position dans la classification de la Banque Mondiale.

En conclusion, ce sont les circonstances de la guerre froide en Asie qui représentent les facteurs exogènes conduisant au développement économique accéléré des pays d’Asie orientale d’après guerre. Dans la quatrième conférence j’essayerai d’identifier également les facteurs endogènes.


P.-S.

Références :


Philip S. Golub

Enseignant de Relations internationales à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris VIII et à l’American University of Paris. Il a également enseigné à l’Institut d’études politiques (IEP) et à l’Institut national de langues orientales (INALCO) de Paris. Collaborateur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et de plusieurs revues spécialisées, dont "Le Monde diplomatique" et "Les Cahiers de l’Orient". Consultant de "France Culture". Dans les années 1990, il a été rédacteur (...)


Notes

[1] H.R. Luce, ‘The American Century’, ‘Life Magazine’, 17 février 1941.

[2] W.R. Louis, ‘The Oxford History of the British Empire’ (2001), Oxford, Oxford University Press, 2006.

[3] J.G. Ruggie, ‘International Regimes, Transactions and Change : Embedded Liberalism in the Postwar Economic Order’, ‘International Organization’, Vol. 36, 2, 1982, pages 379-415. Une édition numérique de cet article peut être consultée sur le site de l’Organisation Mondiale du Commerce.

[4] C. Johnson, ‘MITI and the Japanese Miracle. The Growth of Industrial Policy 1925-1975’, Stanford, Stanford University Press, 1982.

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