Gorilles en danger d’extinction. L’impact environnemental de la guerre du Congoiten

Sur la base d’un rapport récent du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, cet article analyse les complexes relations entre la question environnementale de l’extinction des gorilles des montagnes et le conflit politique, économique, militaire qui ravage la République Démocratique du Congo.

La version intégrale de cet article est disponible en italien :
Attenti al gorilla
26 avril 2010, par Riccardo Pravettoni
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Récemment présenté au Doha meeting de la Conference of the Parties (CoP15) de CITES (Convention on International Trade in Endangered Species of wild fauna and flora), le rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (UNEP) sur la situation des gorilles – The Last Stand of the Gorilla. Environmental Crime and Conflict in the Congo Basin – (Mars 2010) analyse les conditions des derniers gorilles des montagnes dans le bassin du Congo, le seul habitat au monde des grands singes.

Les menaces à la survie des gorilles des montagnes résident dans une complexe trame de relations militaires, économiques et politiques impliquant tant la situation interne de la région – la République Démocratique du Congo – quant le domaine international, non seulement les pays voisins mais aussi l’Europe, la Chine et l’Asie du Sud Est.

La forêt pluviale du bassin du Congo, l’habitat naturel des gorilles – notamment le Parc National de Virunga, dans la région du Kivu à la frontière avec le Rwanda et le Burundi – a été l’objet d’un véritable pillage à cause du conflit qui a ravagé la région entière et provoqué quatre millions de morts dès 1996. La partie orientale du bassin du Congo est riche de ressources naturelles, d’or et de diamants mais aussi de cassitérite et de coltan, deux minéraux qui servent à la fabrication des produits technologiques pour l’entertainment de l’Occident. Par exemple, le grandissant succès de la Playstation sur les marchés américain, européen et japonais ont déterminé la hausse de la demande et des prix du coltan, si que les entreprises minières ont intensifié l’exploitation des ressources naturelles de la région. Mais la présence de plus de mines et de plus de mineurs signifie d’un côté l’augmentation de la déforestation (bois de chauffage, accès aux zones plus sauvages), de l’autre côté la chasse au gibier (nourriture que l’agriculture locale n’est pas en mesure de fournir).

Sur ce point, le rapport souligne que la chasse et le commerce du gibier sont souvent les seules activités ou les activités plus profitables dans les régions densément peuplées du Kivu. Bien que la demande vient surtout du marché intérieur, environ 30.000 tonnes de viande sont saisies chaque année dans les aéroports de Londres, révélant l’existence d’une importante affaire de trafique international d’animaux en danger d’extinction – les gorilles y compris.

C’est la raison pour laquelle l’Interpol a coopéré avec le UNEP dans la réalisation de ce rapport. Outre que les animaux, le trafique illégal concerne aussi les ressources minières du Basin oriental du Congo, comme le charbon de bois de la forêt pluviale. Les régions près de la frontière entre le Kivu et le Rwanda sont contrôlées par les rebelles des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), qui imposent un système d’impôts par lequel ils financent l’achat d’armes et d’équipements. Plusieurs enquêtes – un rapport du Conseil de Sécurité des Nations Unies entre autres – prouvent que la guerre ne mettent pas seulement en danger la survie des gorilles d’une manière indirecte, mais elle s’en sert également comme d’un instrument de pouvoir. En 2007 une famille entière de gorilles a été exécutée par les rebelles dans le but d’affirmer leur suprématie sur le territoire et s’opposer aux politiques de protection des parcs adoptées par le gouvernement. Pendant les dix dernières années de conflit, environ 150 rangers ont été tués dans les grands parcs situés à la frontière entre la République Démocratique du Congo, le Rwanda e le Burundi.

Selon les conclusions du rapport, la survie des gorilles de montagne pourra être assurée uniquement par un engagement plus profond et une coopération plus étroite entre le gouvernement congolais et la communauté internationale.


P.-S.

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Riccardo Pravettoni

Riccardo Pravettoni

Cartographe chez le UNEP/GRID-Arendal, unité délocalisée en Norvège du Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Collaborateur des revues Left-Avvenimenti et XX siècle. Il a participé à la réalisation de l’Atlas 2009 du Monde diplomatique. Il est membre de l’équipe de Cartographier le présent.


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