Raj Patel, The value of nothing : how to reshape market society and redefine democracy, New York, Picador, 2010, pp. 256iten

La version intégrale de cet article est disponible en italien :
Raj Patel, Il valore delle cose e le illusioni del capitalismo, Milano, Feltrinelli, 2010, pp. 236
7 juin 2010, par Giulia Merlin
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Considérant que le prix payé pour tout bien – pour les biens fondamentaux de même que pour ceux non nécessaires – est systématiquement déformé par et dans le monde capitaliste, incapable de refléter la valeur réelle des choses, Raj Patel critique la manière dont la société de marché gère ses propres ressources et donne des exemples d’expériences alternatives dans l’approche aux territoires et communautés où nous habitons.

Dans la première partie du livre, Raj Patel explique comment la valeur de tous les produits et services – la terre, la nourriture, le travail, la santé, l’amusement, les êtres humains eux-mêmes – est déterminée d’une manière inappropriée par le prix que la société de marché fixe pour eux. Du point de vue historique, un moment central – presque un point de départ – du procès conduisant au système de gestion des ressources des sociétés de marché, fondé sur le profit et orienté vers le profit, peut être identifié dans le phénomène des enclusures de l’Angleterre au Moyen Age : mettant fin aux Commons, biens collectivement possédés ou partagés, il a aussi détruit les habilités, développées par les hommes au cours des siècles, de distribuer et exploiter les ressources d’une façon équitable et soutenable.

Un rôle fondamental dans ce procès de distorsion économique et culturel est joué par les corporations, qui peuvent utiliser la force de travail, les capitaux et les ressources minimisant les coûts et maximisant les profits – comme suggéré par la notion de homo economicus de John Stuart Mill – grâce à la faculté d’ignorer les coûts sociaux et environnementaux de leur activité, c’est-à-dire les externalités imposées à la société entière. Les corporations tendent également à influencer de plus en plus les priorités et les décisions des gouvernements : et si les gouvernements arrêtent de protéger et favoriser le droit à la vie, au travail, à la propriété, à la santé et à l’éducation de leurs citoyens, la liberté devient dépendante de la richesse et ne peut plus être universelle.

Dans la deuxième partie du livre, l’auteur examine des mouvements sociaux, des contremouvements, qui réagissent au procès de privatisation du monde, luttent contre la destruction des ressources communes ou partagées tout en soutenant des stratégies différentes pour vivre ensemble grâce à la participation, l’autonomie locale, la solidarité, l’équité. Par exemple la forme de démocratie directe du budget participatif adopté à Porto Alegre, Brésil, ou le mouvement paysan international La via Campesina, qui revendique la souveraineté alimentaire par le droit d’utiliser la terre, l’eau et la semence pour la production agricole.


P.-S.

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Giulia Merlin

Giulia Merlin

Maîtrise en Geografia e Processi Territoriali chez l’Université de Bologne. Elle est membre de l’équipe de Cartographier le présent.


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